Après une séquence de tensions diplomatiques, l’Algérie et le Niger actent un rapprochement stratégique centré sur l’énergie. À l’issue d’entretiens à Alger entre le président Abdelmadjid Tebboune et son homologue Abdourahamane Tiani, les deux capitales ont confirmé la relance du Gazoduc transsaharien (TSGP), projet structurant pour le Sahel et au-delà.
Long de plus de 4 000 km, le TSGP doit acheminer jusqu’à 30 milliards de m³ de gaz nigérian via le Niger vers la façade méditerranéenne algérienne, en vue d’exportations vers l’Europe. Annoncé pour un lancement opérationnel après le Ramadan, le chantier incarne un pivot de sécurité énergétique régionale et un levier d’intégration économique nord-ouest africaine.
La visite de 48 heures de M. Tiani, accompagné d’une délégation ministérielle élargie, intervient après la normalisation des relations diplomatiques, marquée par le retour des ambassadeurs à Alger et à Niamey. Elle traduit une volonté commune de dépasser les frictions sécuritaires survenues en 2025 pour privilégier une logique de complémentarité stratégique.
Au-delà du symbole politique, la coopération énergétique s’impose comme un catalyseur d’investissements. Hydrocarbures, mines, infrastructures électriques : les secteurs concernés ouvrent des perspectives aux partenaires financiers et industriels, dans un contexte de redéfinition des corridors énergétiques vers l’Europe.
Pour Alger comme pour Niamey, la relance du TSGP constitue autant un signal diplomatique qu’un instrument de projection économique. Dans un Sahel sous pression sécuritaire, l’option énergétique apparaît comme un vecteur pragmatique de stabilisation et d’attractivité régionale.


