En marge de la Conférence de Munich sur la sécurité, les ministres des Affaires étrangères de la Chine, de la France et de l’Allemagne ont inauguré un format trilatéral inédit, présenté par Pékin comme une « démarche innovante » face aux recompositions géopolitiques en cours.
La rencontre entre Wang Yi, Jean-Noël Barrot et Johann Wadephul intervient dans un contexte international marqué par la montée du protectionnisme, les tensions stratégiques et l’affaiblissement du multilatéralisme. Selon le chef de la diplomatie chinoise, le système international centré sur l’ONU traverse une phase de « profondes turbulences », appelant les grandes puissances à assumer leurs responsabilités pour la stabilité mondiale.
À l’occasion du 50ᵉ anniversaire des relations Chine-UE, Wang Yi a insisté sur la nature partenariale du lien bilatéral, estimant que l’interdépendance ne constitue pas un risque, mais un facteur d’équilibre. Paris et Berlin ont, de leur côté, réaffirmé leur attachement à la politique d’une seule Chine, leur soutien au libre-échange et leur opposition au découplage économique.
Les échanges ont également porté sur les relations Chine-UE et la guerre en Ukraine, les trois capitales convenant de maintenir un canal de dialogue renforcé.
Au-delà du symbolique, ce format trilatéral esquisse une tentative de coordination stratégique entre grandes économies, à l’heure où l’Europe cherche à préserver ses intérêts industriels tout en stabilisant ses relations avec Pékin.


