Mandaté par l’Union africaine, le Togo s’apprête à défendre devant l’Organisation des Nations Unies une initiative à forte portée symbolique et stratégique : promouvoir une représentation cartographique plus fidèle de l’Afrique, conforme à sa réalité géographique.
Selon Robert Dussey, ministre togolais des Affaires étrangères, Lomé présentera en septembre prochain un projet de résolution visant à corriger les biais historiques qui affectent la perception du continent sur les cartes du monde. Avec plus de 30 millions de km², l’Afrique constitue le deuxième plus vaste continent, une réalité souvent minimisée par certaines projections cartographiques largement diffusées.
Au-delà de la technique, l’enjeu est diplomatique. Les autorités togolaises considèrent que ces représentations contribuent à une perception réductrice de l’Afrique, influençant indirectement son image, son poids géopolitique et son attractivité économique. Corriger cette distorsion revient ainsi à rétablir une « vérité scientifique », mais aussi à renforcer la visibilité stratégique du continent dans les discours internationaux.
Cette démarche s’inscrit dans un mouvement plus large de rééquilibrage des récits globaux, où les États africains cherchent à affirmer leur place dans la gouvernance mondiale. Pour les partenaires internationaux et les investisseurs, l’initiative met en lumière une dimension souvent sous-estimée : l’importance des représentations dans la construction des perceptions de marché, des risques et des opportunités.
En portant ce dossier à New York, le Togo se positionne comme un acteur diplomatique engagé dans la revalorisation de l’image du continent. Si elle aboutit, cette initiative pourrait contribuer à renforcer la cohérence entre réalité géographique, perception internationale et potentiel économique africain.
Dans un environnement global où l’influence se joue aussi sur le terrain symbolique, la cartographie devient ainsi un levier de diplomatie. Et pour l’Afrique, un outil supplémentaire pour affirmer son poids réel dans les équilibres du XXIe siècle.


