Frappée coup sur coup par les cyclones Gezani et Fytia, Madagascar se retrouve une nouvelle fois en première ligne du risque climatique. Face à l’ampleur des dégâts, la Banque mondiale a annoncé la mobilisation immédiate de 37 millions de dollars pour soutenir près de 40 000 ménages affectés et amorcer la reconstruction des zones sinistrées.
Les deux phénomènes ont lourdement endommagé habitations, écoles, routes et réseaux essentiels, accentuant la vulnérabilité d’un pays déjà exposé à des chocs climatiques récurrents. L’enjeu dépasse l’urgence humanitaire : il touche à la stabilité socio-économique et à l’attractivité d’une économie dépendante des infrastructures de transport et d’énergie.
Le financement s’appuie sur des mécanismes existants – le Projet de Filets de Sécurité et de Résilience (PFSR), le programme régional REPAIR et le dispositif de Réponse d’Urgence Contingente (CERP) – illustrant la capacité des bailleurs à activer des lignes de crédit préapprouvées en situation de crise. Cette architecture permet un décaissement rapide, élément clé pour limiter l’aggravation des pertes économiques.
Le plan d’action combine transferts monétaires, programmes « argent contre travail », appui nutritionnel et rétablissement des services d’eau et d’électricité. La mise en œuvre sera assurée par le Fonds d’Intervention pour le Développement et le Bureau National de Gestion des Risques et des Catastrophes, sous supervision conjointe avec les partenaires techniques.
Une mission conduite par le représentant résident de l’institution, Atou Seck, est attendue dans l’Est, notamment à Toamasina, afin d’évaluer les besoins de reconstruction.
Au-delà de l’aide immédiate, cette intervention envoie un signal aux investisseurs et partenaires internationaux : la gestion du risque climatique devient un pilier central de la stratégie de développement malagasy. Dans un contexte de compétition accrue pour les financements concessionnels, la rapidité d’activation des instruments d’urgence pourrait renforcer la crédibilité du pays et consolider ses relations avec les bailleurs, tout en posant la question cruciale de la résilience structurelle face à la multiplication des chocs climatiques.


