Le Kenya veut accélérer sa transformation numérique et renforcer son rôle de hub technologique en Afrique de l’Est. Pour accompagner cette ambition, le groupe chinois Guodong prévoit d’investir 38,8 milliards de shillings kényans, soit environ 300 millions de dollars, dans des infrastructures numériques au cours des prochaines années.
L’annonce a été faite par Abubakar Hassan Abubakar, secrétaire principal chargé de la Promotion des investissements, après une rencontre tenue le 17 août avec une délégation de Guodong conduite par Kobe Hu, vice-président et associé senior du groupe.
Les investissements annoncés concernent plusieurs secteurs : tours de télécommunications, centres de données, réseaux de fibre optique, infrastructures cloud, villes intelligentes et technologies numériques à faible impact environnemental. Ils s’inscrivent dans le programme gouvernemental Digital Superhighway, l’un des axes majeurs du plan économique du président William Ruto, qui vise à moderniser les réseaux numériques et à accélérer la dématérialisation des services publics.
« Nous nous sommes engagés à déployer environ 100 000 kilomètres de câbles en fibre optique à travers le pays », a déclaré Abubakar Hassan Abubakar, rappelant l’importance stratégique de cette infrastructure pour connecter les populations, les entreprises et les administrations.
Nairobi, nouveau point d’entrée des ambitions numériques chinoises
Spécialisé dans les infrastructures de télécommunications, Guodong Group dispose d’une expérience dans le développement de réseaux de transmission, les services satellitaires et la gestion de centres de données. Le groupe revendique notamment un vaste réseau de tours de télécommunications en Chine et cherche depuis plusieurs années à renforcer sa présence hors de son marché domestique.
Son expansion internationale s’inscrit dans la dynamique des investissements chinois liés aux infrastructures numériques, notamment dans le cadre des Nouvelles routes de la Soie. Le groupe a déjà noué des partenariats dans plusieurs pays, notamment dans le secteur des télécommunications.
Pour le Kenya, cet investissement représente une opportunité de consolider son statut de plateforme technologique régionale. Le pays dispose déjà d’un écosystème dynamique de start-up et cherche à attirer davantage de capitaux étrangers dans les secteurs liés au numérique.
L’enjeu dépasse toutefois la seule construction d’infrastructures. La capacité du Kenya à transformer ces investissements en services accessibles, en emplois qualifiés et en nouveaux relais de croissance sera déterminante. La prochaine étape sera celle de la mise en œuvre, avec un regard attendu sur les retombées concrètes pour l’économie kényane.


