samedi 5 septembre 2026

Diplomatie énergétique : l’Algérie veut renforcer son ancrage en Afrique

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L’Algérie multiplie les accords énergétiques avec le Tchad, la Côte d’Ivoire et le Bénin. Mais entre les annonces et la mise en œuvre, l’écart reste important. Plusieurs initiatives sont encore au stade des consultations, des mémorandums ou des projets dont les contours financiers et le calendrier ne sont pas précisés.

Le ministre algérien de l’Énergie et des Énergies renouvelables, Mourad Adjal, a présidé une réunion consacrée au suivi des partenariats avec ces trois pays, en présence de responsables de son département et du groupe public Sonelgaz. Il a demandé un suivi « précis et régulier » des dossiers et la concrétisation des engagements. Aucun calendrier d’exécution ni chiffrage financier n’a toutefois été communiqué.

Avec le Tchad, le partenariat semble le plus concret. Alger et N’Djaména ont signé en avril près de 30 accords portant notamment sur l’énergie, les infrastructures, l’industrie, la formation, la santé et le commerce.

L’Algérie a aussi offert une centrale électrique de 40 mégawatts, dont la première pierre a été posée en juin dans la zone industrielle de Farcha. Sa portée dépendra désormais de la réalisation des travaux, du raccordement au réseau et des dispositifs prévus pour son exploitation et sa maintenance.

En Côte d’Ivoire, un accord intergouvernemental conclu fin juin encadre la coopération dans l’énergie et les renouvelables. Sonelgaz International envisage des centrales d’une capacité totale de 700 à 1 000 mégawatts. Le projet reste toutefois au stade du potentiel. Aucun site, montage financier, coût, partenaire local ou calendrier n’a été annoncé.

Au Bénin, la coopération repose principalement sur le mémorandum signé en 2024 entre Sonelgaz et la Communauté électrique du Bénin. Il prévoit notamment la formation, le transfert d’expertise et des actions sur la chaîne de valeur électrique. Les discussions menées en juillet ont confirmé la disponibilité d’Alger à apporter un appui technique, sans annoncer de nouveau projet d’infrastructure ou de financement précis.

Cette offensive énergétique participe à la volonté de l’Algérie de renforcer sa présence économique en Afrique. Mais les accords signés ne suffisent pas à mesurer les résultats.

La crédibilité de cette stratégie se jouera sur le terrain : lancement effectif des travaux, financement clairement établi, respect des échéances et capacité des infrastructures à répondre durablement aux besoins des pays partenaires.

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