Onze ans après ma première visite, me voici de retour au Sénégal. Cette fois, je suis à Dakar pour couvrir les Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ).

Tout d’abord, félicitations au Sénégal ! Pour la première fois de l’histoire, un événement olympique se déroule sur le continent africain. De jeunes athlètes venus du monde entier vont se retrouver à Dakar pour partager leur passion du sport. Pour le Sénégal, c’est aussi une belle occasion de faire découvrir son pays et son dynamisme au reste du monde.
En tant que Chinoise, j’ai découvert le nom du Sénégal dans mes manuels de géographie, lorsque j’étais au collège. Plus tard, le football m’a permis de mieux connaître ce pays. Je suis passionnée de football et j’ai toujours admiré les Lions de la Teranga, cette équipe qui fait la fierté de tout un peuple.
En 2012, lors de mon premier séjour au Sénégal, j’ai visité, comme beaucoup de voyageurs, le lac Rose, l’île de Gorée et le Monument de la Renaissance africaine. J’ai aimé les gens qui faisaient du sport au bord de la mer. J’ai aussi été séduite par cette manière qu’ont les Sénégalais de profiter de la vie, avec une décontraction et une joie de vivre qui m’ont marquée.
Mais un souvenir, en apparence bien plus ordinaire, m’est resté particulièrement cher : les arachides grillées vendues dans des bouteilles en verre.

J’en avais acheté plusieurs bouteilles dans un supermarché avant de les rapporter au Kenya. À l’époque, je connaissais encore assez mal le Sénégal. Je savais simplement que ces arachides étaient délicieuses. Ce n’est que plus tard, en me renseignant sur le pays, que j’ai découvert l’importance de cette culture. Le Sénégal est l’un des principaux producteurs d’arachides d’Afrique de l’Ouest. Depuis longtemps, l’arachide occupe une place importante dans l’alimentation, l’agriculture et les exportations du pays.
Les Chinois aussi aiment beaucoup les arachides. Nous les mangeons en guise d’en-cas, nous en faisons du beurre de cacahuète et nous en extrayons de l’huile. Mais elles ont également toute leur place dans notre cuisine.
Je suis originaire de Pékin. En été, de mai à septembre, les restaurants de la capitale proposent souvent différentes préparations à base d’arachides : arachides frites, arachides bouillies, arachides mélangées à des fèves de soja vertes ou encore aux épinards. En tant qu’amatrice de football, je peux vous assurer que ces petits plats accompagnent parfaitement les soirées devant un match.
Les arachides entrent aussi dans la composition de plats chauds très appréciés en Chine. C’est notamment le cas du poulet Kung Pao, une spécialité chinoise qui associe des morceaux de poulet à des cacahuètes croquantes. Un mélange de textures et de saveurs que j’apprécie particulièrement.

Les arachides me rappellent aussi mon enfance. À cette époque, les produits disponibles n’étaient pas aussi abondants qu’aujourd’hui. Une assiette d’arachides grillées ou quelques morceaux de nougat aux cacahuètes suffisaient à rendre le quotidien un peu plus joyeux. Avec le recul, je me rends compte que ces petites gourmandises toutes simples font partie de mes souvenirs les plus chaleureux.
J’ai fini par découvrir que l’arachide ne faisait pas seulement partie de mes souvenirs du Sénégal : elle était aussi au cœur des échanges entre nos deux pays.
Après l’assouplissement, en 2010, de la politique sénégalaise d’exportation des arachides, les échanges avec la Chine se sont progressivement développés. Au fil des années, la Chine est devenue l’un des principaux débouchés des arachides sénégalaises. Les chiffres varient selon les années et les sources statistiques, mais une chose est certaine : le marché chinois joue un rôle majeur dans les exportations sénégalaises de cette denrée.
Qui aurait imaginé qu’une simple bouteille d’arachides grillées me conduirait à découvrir un lien économique aussi important entre le Sénégal et la Chine ? Pour moi, ce produit du quotidien est devenu une petite porte d’entrée vers la compréhension de ce pays.
Revenons à présent au sujet qui nous occupe : les Jeux olympiques de la jeunesse de Dakar 2026.
Lorsqu’on évoque le Sénégal, le sport est un sujet incontournable. Pour de nombreux passionnés de sport à travers le monde, le football est l’une des grandes vitrines du pays. Les « Lions de la Teranga » ont participé à quatre éditions de la Coupe du monde de la FIFA. Leur parcours lors du Mondial 2002, organisé en Corée du Sud et au Japon, reste particulièrement mémorable : pour sa toute première participation, la sélection sénégalaise avait atteint les quarts de finale, marquant durablement les esprits.
Dakar est également intimement liée à une autre compétition de renommée internationale : le Rallye Dakar. Bien que l’épreuve ait ensuite été déplacée en Amérique du Sud, puis en Arabie saoudite, elle a conservé le nom de la capitale sénégalaise. Ce nom continue ainsi d’évoquer l’aventure, le défi et le goût de l’exploration.
Des « Lions de la Teranga » sur les pelouses aux rallyes qui traversaient autrefois les déserts africains pour rejoindre Dakar, le sport constitue depuis longtemps un moyen pour le Sénégal de se faire connaître et de tisser des liens avec le reste du monde. Cette fois-ci, ce sont les jeunes générations qui seront au cœur de l’événement.
Les Jeux olympiques de la jeunesse de Dakar 2026 marqueront une première historique : jamais auparavant un événement olympique ne s’était tenu sur le continent africain. De jeunes athlètes venus du monde entier s’y retrouveront pour concourir, se dépasser et poursuivre leurs rêves. Pour le Sénégal, cette manifestation sportive représente bien plus qu’une compétition internationale. Elle offre également une occasion de faire découvrir au monde son identité, sa richesse culturelle et le dynamisme de sa jeunesse.
C’est là toute la magie du sport. Sur les terrains et dans les salles de compétition, les athlètes donnent le meilleur d’eux-mêmes pour atteindre un même objectif. En dehors des épreuves, des jeunes issus de pays et de cultures différents ont l’occasion de se rencontrer, de découvrir leurs modes de vie respectifs et de partager leurs rêves. Pour ces jeunes sportifs, Dakar ne sera donc pas seulement un lieu où chercher à décrocher des médailles, mais aussi une étape inoubliable pour découvrir le monde, nouer des amitiés et élargir leurs horizons.
Je crois que c’est aussi ce qui me fait aimer le sport. C’est le football qui m’a fait découvrir le Sénégal ; c’est le Rallye Dakar qui m’a fait retenir le nom de cette ville. Aujourd’hui, les Jeux olympiques de la jeunesse m’offrent une nouvelle occasion de renouer avec ce pays et de le redécouvrir. Douze ans ont passé. Dakar a sans doute changé à mes yeux, mais ses habitants, la vie quotidienne et ces souvenirs que l’on garde parfois sans même s’en rendre compte méritent toujours que l’on prenne le temps de les retrouver.
Je souhaite à tous les jeunes athlètes de vivre de belles compétitions à Dakar et d’y repartir avec des souvenirs précieux. Je souhaite également que cet événement permette au Sénégal de montrer au monde un visage de l’Afrique plein d’énergie, où le sport, la passion et l’amour de la vie occupent une place essentielle.
Bonjour à nouveau, Sénégal ! Je suis heureuse d’être de retour.
Par CI XIAONING
Journaliste à China Media Group (CMG) Afrique


