lundi 20 avril 2026

Cap-Vert : un projet pour renforcer l’intégration des ressortissants de la CEDEAO

Lire plus

Le Cap-Vert a lancé à Praia un nouveau projet destiné à améliorer la situation des ressortissants de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) vivant dans l’archipel. Intitulée « Renforcer les opportunités et promouvoir l’intégration », l’initiative, dotée d’un budget de 100.000 euros et financée par la CEDEAO, vise à consolider la régularisation administrative, encourager l’activité économique et favoriser la participation sociale des migrants ouest-africains.

Porté par la Haute Autorité de l’immigration (AAI), le programme cible une population qui représente près de 60 % des étrangers établis au Cap-Vert. Il s’inscrit dans le Programme d’appui à la coopération transfrontalière de la CEDEAO, dont la mise en œuvre a débuté fin 2025.

Un enjeu de régularisation et de stabilité sociale

La régularisation des migrants constitue l’un des axes centraux du projet. En facilitant l’accès à un statut légal, les autorités entendent réduire la précarité administrative et renforcer la protection des droits des ressortissants concernés.

Pour le Cap-Vert, pays insulaire à l’économie ouverte et dépendante des échanges, la gestion ordonnée des flux migratoires est un facteur clé de stabilité. Une population migrante régularisée est davantage en mesure de contribuer formellement à l’économie, d’accéder aux services publics et de participer activement à la vie sociale.

Selon la présidente de l’AAI, Carmem Barros, l’objectif est non seulement d’améliorer les conditions de vie, mais aussi de favoriser une intégration durable et structurée.

Encourager l’entrepreneuriat et formaliser l’économie

Au-delà de l’aspect administratif, le projet met l’accent sur le développement économique. L’une de ses priorités est la promotion de l’entrepreneuriat et la formalisation des activités exercées par les ressortissants de la CEDEAO.

De nombreux migrants évoluent dans le secteur informel, ce qui limite leur accès au crédit, à la protection sociale et aux dispositifs d’appui aux entreprises. En encourageant la formalisation, les autorités cap-verdiennes cherchent à élargir l’assiette économique, renforcer la transparence et stimuler la création d’emplois.

Cette approche traduit une vision pragmatique de la migration : plutôt que de la percevoir comme un défi, le gouvernement entend la transformer en levier de développement.

Renforcer la participation sociale et associative

Le projet prévoit également un soutien au mouvement associatif et à la participation citoyenne. L’intégration ne se limite pas à l’économie ; elle suppose aussi l’inclusion dans la vie sociale et communautaire.

En soutenant les associations de migrants et en favorisant le dialogue interculturel, les autorités ambitionnent de consolider la cohésion sociale dans l’archipel. Cette dimension est particulièrement importante dans un pays où la diversité culturelle issue des mobilités régionales est une réalité croissante.

Une initiative alignée sur la dynamique régionale

L’implication directe de la Commission de la CEDEAO souligne la dimension régionale du projet. La libre circulation des personnes constitue l’un des piliers fondamentaux de l’organisation ouest-africaine. Toutefois, sa mise en œuvre effective nécessite des mécanismes d’accompagnement au niveau national.

En soutenant ce programme, la CEDEAO renforce la cohérence entre ses principes d’intégration régionale et les politiques migratoires nationales. Le Cap-Vert, bien que géographiquement insulaire, affirme ainsi son engagement envers la dynamique communautaire.

Vers une gouvernance migratoire plus inclusive

Le lancement de « Renforcer les opportunités et promouvoir l’intégration » illustre une approche inclusive de la gouvernance migratoire. Plutôt que de se limiter au contrôle des flux, l’initiative privilégie l’intégration socio-économique et la participation active des migrants.

Avec un budget modeste mais ciblé, le projet pourrait servir de modèle pour d’autres États membres confrontés à des défis similaires. Son succès dépendra toutefois de la coordination entre les institutions, de l’adhésion des communautés concernées et de la pérennité des financements.

En investissant dans la régularisation et l’intégration des ressortissants de la CEDEAO, le Cap-Vert fait le choix d’une migration encadrée, productive et socialement intégrée. Une orientation qui s’inscrit dans la vision d’une Afrique de l’Ouest plus intégrée, solidaire et économiquement dynamique.

Plus d'articles

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

- Publicité -spot_img

Dernières nouvelles