À Rabat, le partenariat entre le Maroc et la Mauritanie franchit un nouveau palier diplomatique et économique. Lors de la réunion du « Mécanisme de suivi parlementaire maroco-mauritanien », le secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur, Omar Hejira, a affiché l’ambition du Royaume : soutenir l’économie mauritanienne, encourager ses exportations vers le marché marocain et faciliter son accès aux marchés européen et africain.
Cette initiative s’inscrit dans une logique d’intégration régionale « gagnant-gagnant », avec en toile de fond le renforcement des chaînes de valeur sud-sud. Rabat se dit prêt à partager son expertise en modernisation douanière et en appui aux PME, deux leviers jugés essentiels pour améliorer la compétitivité mauritanienne et attirer davantage d’investissements étrangers.
Les indicateurs commerciaux témoignent d’une dynamique ascendante : les échanges bilatéraux ont atteint environ 330 millions de dollars en 2024, contre 170 millions en 2017. Les investissements marocains en Mauritanie, bien que modestes (1,8 million de dollars en 2024), traduisent un potentiel d’expansion, notamment dans l’agroalimentaire, la pêche et les services.
Au-delà des flux commerciaux, cette coopération revêt une dimension stratégique. Elle consolide l’ancrage du Maroc en Afrique de l’Ouest et positionne la Mauritanie comme passerelle vers le Sahel. Pour les investisseurs et partenaires internationaux, ce rapprochement ouvre des perspectives de co-investissement, de diversification logistique et de sécurisation des approvisionnements.
Dans un contexte mondial marqué par la fragmentation des échanges et la pression climatique sur les économies vulnérables, l’axe Rabat-Nouakchott apparaît comme un laboratoire d’intégration pragmatique, au service de la stabilité régionale et de la projection économique africaine.


