lundi 20 avril 2026

Union africaine : diplomatie de l’unité, coopération hydrique et accélération de l’intégration

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La 48e session ordinaire du Conseil exécutif de l’Union africaine (UA) s’est ouverte mercredi au siège de l’organisation, dans la capitale éthiopienne, plaçant la diplomatie continentale au cœur des priorités stratégiques de l’Afrique. Réunis pour deux jours, les ministres des Affaires étrangères des États membres ont engagé des consultations approfondies sur l’Agenda 2063, la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) et les mécanismes innovants de financement du développement.

Placée sous le thème de l’année 2026 – « Assurer une disponibilité durable de l’eau et des systèmes d’assainissement sûrs pour atteindre les objectifs de l’Agenda 2063 » – cette session traduit une volonté politique affirmée de faire de la gestion de l’eau un axe central de coopération diplomatique et de stabilité régionale.

Dans son discours inaugural, le président de la Commission de l’UA, Mahmoud Ali Youssouf, a insisté sur la portée stratégique de l’eau, qualifiée de « bien collectif » et de vecteur de paix. Face aux pressions climatiques croissantes, il a plaidé pour une diplomatie préventive et collaborative autour des ressources transfrontalières, soulignant que la coopération hydrique peut devenir un instrument de consolidation des relations interétatiques et de prévention des conflits.

Le chef de la Commission a également mis en lumière les réformes institutionnelles engagées dans le cadre du Plan stratégique 2024-2028, conçues pour renforcer l’efficacité et la crédibilité de l’organisation sur la scène continentale et internationale. Dans un contexte marqué par des défis sécuritaires persistants, notamment au Sahel et dans la Corne de l’Afrique, il a appelé à une coordination diplomatique accrue entre États membres, tout en saluant les avancées vers le retour à l’ordre constitutionnel au Gabon et en Guinée.

Sur le front économique, les discussions ont porté sur l’approfondissement de la ZLECAf, considérée comme un pilier majeur de l’intégration africaine. Mahmoud Ali Youssouf a exhorté les États à harmoniser davantage leurs politiques commerciales et à promouvoir des mécanismes de financement innovants, favorisant un partenariat renforcé avec le secteur privé et la société civile. L’objectif : consolider une diplomatie économique africaine capable de peser davantage dans les négociations internationales.

Présidant les travaux, le ministre angolais des Relations extérieures, Téte António, a mis en avant l’engagement de l’Angola en faveur d’une diplomatie proactive orientée vers la paix, la sécurité et le développement durable, dans la perspective du Sommet de l’UA prévu en 2026. Il a souligné la nécessité d’un dialogue constant entre États membres pour préserver la stabilité politique et renforcer la cohésion continentale.

Le ministre éthiopien des Affaires étrangères, Gedion Timothewos, a quant à lui rappelé l’importance stratégique de l’unité africaine dans un environnement géopolitique mondial en mutation. Il a appelé à une solidarité diplomatique renforcée face aux changements anticonstitutionnels de gouvernement et aux pressions extérieures, réaffirmant l’Agenda 2063 comme boussole collective de l’action africaine.

À huis clos, les ministres examineront plusieurs rapports stratégiques, procéderont à des élections et nominations au sein des organes de l’UA et prépareront la session de l’Assemblée des chefs d’État et de gouvernement prévue les 14 et 15 février.

À travers cette 48e session, l’Union africaine réaffirme ainsi son ambition de consolider une diplomatie continentale unifiée, fondée sur la coopération, la prévention des crises et l’accélération de l’intégration politique et économique de l’Afrique.

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