Sertaç aksan
L’attaque de l’Iran par les États-Unis et Israël, et la riposte de Téhéran en frappant les pays du Golfe, ont bouleversé tous les équilibres. Constatant que certains produits d’origine occidentale n’offraient pas les performances attendues sur le terrain, les pays africains se tournent désormais en priorité vers la Turquie. Selon les experts, il ne s’agit pas d’une tendance passagère, mais d’une vague d’achats durable.
Même si le cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran tient toujours, il reste extrêmement fragile. Le risque d’un conflit ouvert dans la région demeure élevé.
L’un des sujets les plus débattus durant le cessez-le-feu a été la situation des pays du Golfe, qui, pendant des années, ont dépensé des centaines de milliards de dollars pour se placer sous le parapluie de défense des pays occidentaux. Certains systèmes dits « extrêmement avancés » n’ont pas donné les résultats escomptés sur le terrain. Ainsi, des pays comme les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite et le Qatar n’ont pas pu protéger pleinement des sites hautement stratégiques.
Les pays africains ont tiré des leçons du Golfe
Cette situation dans le Golfe a suscité une prise de conscience non seulement dans la région, mais aussi dans d’autres parties du monde. Les pays africains, qui ont récemment accru leurs investissements dans l’industrie de défense, en font partie.
Harun Saraç, président du conseil d’administration de BAMEX et directeur général de The Peak Defense, qui organise la plus grande manifestation de l’industrie de défense en Afrique, est l’un des observateurs les mieux informés de cette nouvelle période.
Il rappelle que les pays africains ont fortement augmenté leurs investissements en matière de défense en raison de la montée des risques sécuritaires, des menaces aux frontières et de l’instabilité régionale.
Selon lui, les décideurs se concentrent désormais sur des produits « ayant fait leurs preuves sur le terrain, rentables et rapidement livrables ». À cet égard, l’industrie de défense turque se distingue.
« Aujourd’hui, très peu de pays peuvent prouver leur efficacité même dans des conditions de terrain extrêmement difficiles. La Turquie est en tête de cette liste. Les pays africains le savent. Les récents événements dans le Golfe ont renforcé cette tendance. Actuellement, la demande pour les produits de défense turcs en Afrique a atteint un niveau record. Il ne s’agit pas d’une mode passagère, mais d’une vague d’achats sérieuse et durable », explique-t-il.
L’année dernière, lors du salon organisé au Mali, les produits de défense turcs avaient suscité un vif intérêt.
« La Turquie n’est plus une alternative, mais le premier choix »
Harun Saraç affirme que les produits de l’industrie de défense turque ne sont plus une alternative, mais sont devenus le « premier choix ». Il souligne que des plans d’achats urgents et à grande échelle sont à l’ordre du jour dans des domaines critiques tels que les drones, les solutions de surveillance, les véhicules blindés, ainsi que les systèmes de communication et de commandement-contrôle.

Il poursuit :
« Cette situation crée des opportunités importantes à court terme pour les producteurs. Les entreprises qui entreront tôt sur le marché bénéficieront d’un avantage stratégique à long terme. Selon les données disponibles, l’Afrique sera l’un des marchés à la croissance la plus rapide au monde dans le domaine de l’industrie de défense.
C’est précisément pour cette raison que BAMEX, le plus grand salon de l’industrie de défense en Afrique, occupera cette année une position très différente. Comme on le sait, les deux premiers jours du salon sont consacrés à la présentation des produits par les participants. Les deux derniers jours, ces produits sont testés directement sur le terrain. Cela n’a guère d’équivalent dans le monde. Mais notre principal atout reste la confiance dans nos produits de défense nationaux. D’ailleurs, ceux qui les utilisent une fois ne peuvent plus s’en passer.
Le salon, auquel participeront des délégations de haut niveau venant de toute l’Afrique et de différents pays du monde, se tiendra cette année du 9 au 13 novembre 2026. L’année dernière, de nombreuses entreprises, notamment BAYKAR, Aselsan, Roketsan et MKE, y avaient pris part. Cette année, plus de 30 entreprises turques devraient participer. »


