Dans le sud du Tchad, la coopération entre la Chine et le Tchad franchit une nouvelle étape dans le domaine du développement durable. Selon un reportage publié par l’Agence de presse Xinhua, un vaste projet d’approvisionnement en eau potable, soutenu par la Chine, améliore significativement les conditions de vie des populations des provinces du Mandoul et du Salamat, tout en illustrant le rôle croissant des partenariats internationaux dans le financement des infrastructures essentielles en Afrique.
Mis en œuvre depuis la fin de l’année 2024 par la société chinoise China Jiangxi International Economic and Technical Cooperation Co., Ltd., le projet répond à un défi majeur de développement : garantir un accès durable à l’eau potable dans des régions confrontées depuis plusieurs décennies à une pénurie chronique.
D’après Xinhua News, plus de 500 forages équipés de pompes à motricité humaine, 57 stations centralisées d’approvisionnement en eau ainsi que plus de 100 latrines publiques ont déjà été réalisés. Ces infrastructures devraient bénéficier à plus de 600 000 habitants, contribuant à améliorer la santé publique, les conditions sanitaires et les activités économiques locales.
Selon les responsables techniques cités par l’agence, les travaux ont nécessité des études hydrogéologiques approfondies afin d’assurer la qualité et la disponibilité de la ressource. Les forages atteignent en moyenne plus de 45 mètres de profondeur, tandis que certaines stations dépassent les 90 mètres et que les ouvrages les plus complexes franchissent les 150 mètres.
Toujours selon Xinhua, le chantier d’Aboudeïa a constitué l’un des principaux défis techniques. Après huit mois de recherches et de travaux, les ingénieurs sont parvenus à mobiliser une ressource en eau suffisante dans une zone où plusieurs tentatives menées au cours des vingt dernières années n’avaient pas abouti.
Au-delà des performances techniques, les retombées sont déjà perceptibles dans les communautés bénéficiaires. Là où les habitants parcouraient auparavant plusieurs kilomètres chaque jour pour accéder à une eau souvent impropre à la consommation, les nouvelles installations permettent désormais un approvisionnement à proximité des villages. Cette évolution réduit la pénibilité des corvées d’eau, favorise la fréquentation scolaire, soutient les activités agricoles et pastorales et améliore les conditions sanitaires des populations.
Le projet repose également sur une approche innovante combinant énergie solaire et groupes électrogènes afin d’assurer un service continu, y compris en dehors des périodes d’ensoleillement. Cette solution renforce la résilience des infrastructures tout en répondant aux objectifs d’un développement durable adapté aux réalités locales.
Le ministre tchadien de l’Eau et de l’Énergie, Passalet Kanabé Marcelin, a qualifié cette initiative de « preuve éclatante de la coopération fructueuse entre le Tchad et la Chine ». Selon lui, ce programme contribuera à accélérer la mise en œuvre du Programme national d’approvisionnement en eau potable et d’assainissement, notamment dans les zones rurales les plus vulnérables.
Au-delà de son impact humanitaire, cette initiative illustre le potentiel de la coopération sino-africaine dans la réalisation d’infrastructures stratégiques répondant directement aux Objectifs de développement durable des Nations unies. Pour les décideurs politiques, les partenaires techniques et financiers ainsi que les institutions internationales, ce projet met en évidence l’importance d’investissements de long terme dans les secteurs de l’eau, de la santé publique et de la résilience climatique.
À travers ce programme, le Tchad et la Chine démontrent que la coopération internationale peut produire des résultats concrets lorsqu’elle s’appuie sur des investissements structurants, un transfert d’expertise et une vision commune du développement. Dans un contexte où l’accès universel à l’eau potable demeure un défi majeur pour de nombreux pays africains, cette réalisation constitue un exemple de partenariat orienté vers l’amélioration durable des conditions de vie des populations.


