mardi 28 juillet 2026

RDC–Afrique du Sud : un appel à la solidarité internationale pour éviter l’isolement face à Ebola

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Face à la recrudescence de la 17ᵉ épidémie d’Maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo, Kinshasa et Pretoria plaident pour une réponse internationale fondée sur la coopération, la solidarité et la science, plutôt que sur des mesures d’isolement. Réunis à l’Institut national de recherche biomédicale, le président Félix Tshisekedi et son homologue sud-africain Cyril Ramaphosa ont lancé un appel à une mobilisation accrue des partenaires internationaux afin d’accélérer la riposte sanitaire, de soutenir la recherche vaccinale et d’éviter toute stigmatisation du pays.

Cette rencontre de haut niveau, organisée en présence du directeur général de Africa CDC, Jean Kaseya, de responsables de l’Organisation mondiale de la Santé et de plusieurs partenaires techniques et financiers, intervient alors que l’épidémie a déjà enregistré 1 406 cas confirmés et 438 décès, principalement dans la province de l’Ituri.

Prenant la parole, Félix Tshisekedi a souligné que la réponse de son gouvernement repose sur « les données scientifiques, la transparence, la proportionnalité et la coopération entre États ». Il a mis en garde contre les restrictions de circulation injustifiées susceptibles de perturber les échanges économiques, l’acheminement de l’aide humanitaire et les services essentiels, rappelant que les crises sanitaires exigent des réponses concertées à l’échelle internationale.

Dans le même esprit, Cyril Ramaphosa a exhorté la communauté internationale à ne pas fermer ses frontières aux ressortissants congolais. Pour le chef de l’État sud-africain, la lutte contre Ebola doit s’inscrire dans une dynamique de solidarité internationale et contribuer également aux efforts de paix dans l’est de la RDC, où les conflits armés compliquent considérablement les opérations sanitaires.

Sur le front scientifique, Jean Kaseya a annoncé que plusieurs candidats vaccins contre la souche Bundibugyo sont actuellement en développement, avec l’objectif de disposer d’un vaccin avant la fin de l’année. Il a toutefois souligné qu’il manque encore 18 millions de dollars pour financer cette recherche, malgré l’engagement de 3 millions de dollars du gouvernement congolais en faveur de l’INRB. Si les promesses des bailleurs atteignent désormais 910 millions de dollars, leur concrétisation demeure indispensable pour accélérer la riposte.

Le ministre congolais de la Santé, Roger Kamba, a reconnu que cette nouvelle flambée met à rude épreuve le système sanitaire national. L’insécurité persistante dans certaines zones affectées, les capacités limitées des laboratoires, le manque de ressources financières, les besoins en équipements de protection ainsi que la désinformation constituent autant d’obstacles à une réponse efficace. Pour y faire face, le gouvernement a adopté une stratégie coordonnée reposant sur le principe d’« un seul plan, une seule équipe et un seul budget ».

L’OMS a salué le leadership des autorités congolaises tout en alertant sur l’intensification de l’épidémie. L’organisation a déjà déployé 128 experts techniques et acheminé près de 200 tonnes de matériel médical, estimant que les besoins opérationnels progressent désormais plus rapidement que les ressources disponibles.

Les partenaires internationaux ont annoncé de nouveaux engagements financiers. La Banque mondiale mobilise 10 millions de dollars supplémentaires, portant son appui à 73 millions de dollars. L’Union européenne renforce son soutien avec une enveloppe additionnelle de 82 millions de dollars, tandis que le Royaume-Uni poursuit son assistance financière et technique à travers l’OMS, la Croix-Rouge et le déploiement d’experts spécialisés.

Au-delà de l’urgence sanitaire, cette crise rappelle que les pandémies représentent un défi mondial nécessitant une coopération internationale renforcée, des financements durables et une coordination étroite entre gouvernements, institutions multilatérales et partenaires au développement. L’appel conjoint lancé par la RDC et l’Afrique du Sud traduit ainsi une conviction partagée : protéger la santé mondiale passe par le soutien aux pays en première ligne, sans isolement ni stigmatisation, mais par une solidarité internationale fondée sur la confiance, la science et l’action collective.

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