La Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) renforce son ancrage en Afrique de l’Ouest. Treize villages de Guinée-Bissau viennent d’être officiellement reconnus dans le cadre de l’Initiative de reconnaissance des villages de l’organisation, une distinction validée par son directeur général, Qu Dongyu.
Au-delà de la symbolique, cette labellisation consacre des territoires ruraux engagés dans la préservation de la biodiversité, la valorisation des patrimoines alimentaires et l’adoption de solutions innovantes – scientifiques et numériques – au service du développement local. Pour Bissau, l’enjeu est stratégique : positionner ses communautés comme des laboratoires de transition écologique et sociale dans un contexte régional marqué par les vulnérabilités climatiques et alimentaires.
Les villages distingués – répartis entre l’archipel des Bijagos, les zones nord, sud et est du pays – intègrent désormais le Musée et Réseau de la FAO (MuNe). Ils s’alignent ainsi sur la feuille de route des « Quatre améliorations » promues par l’agence onusienne : meilleure production, meilleure nutrition, meilleur environnement et meilleure qualité de vie, sans exclusion.
Sur le plan diplomatique, cette reconnaissance offre à la Guinée-Bissau un levier d’influence dans les forums internationaux dédiés à la sécurité alimentaire et au financement du développement rural. Elle renforce également la crédibilité du pays auprès des bailleurs et des investisseurs à impact, sensibles aux initiatives combinant conservation des écosystèmes, inclusion communautaire et innovation technologique.
Le représentant de la FAO à Bissau, Mohamed Hama Garba, a salué « l’excellence des propositions » portées par les communautés locales. Des missions officielles sont attendues dans les prochains mois pour la remise formelle des certificats, une étape qui pourrait ouvrir la voie à de nouveaux partenariats techniques et financiers.
Dans un environnement international en quête de modèles résilients, la mise en réseau de ces villages bissau-guinéens s’inscrit dans une diplomatie du développement où le local devient un acteur à part entière des dynamiques globales.


