En marge du 39e sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba, le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, Antonio Guterres, et le président de la Commission de l’UA, Mahmoud Ali Youssouf, ont lancé un appel appuyé en faveur d’un multilatéralisme renforcé, sur fond d’incertitudes géopolitiques et de fragmentation économique mondiale.
La rencontre, tenue au siège de l’UA dans la capitale éthiopienne, intervient à un moment où l’ordre international traverse une phase de recomposition marquée par la montée des rivalités stratégiques, la pression sur les finances publiques des pays émergents et la contraction des flux d’investissement vers certaines régions à risque. Dans ce contexte, les deux responsables ont réaffirmé leur engagement en faveur d’un multilatéralisme fondé sur des principes, articulé autour d’un leadership collectif et d’une coopération structurée.
Au cœur des échanges : l’alignement des priorités onusiennes avec l’Agenda 2063 de l’UA. Paix et sécurité régionales, transformation économique inclusive et industrialisation du continent ont été identifiées comme des leviers indissociables de la stabilité à long terme. Pour les partenaires internationaux et les investisseurs, ce cadrage stratégique vise à renforcer la lisibilité des politiques publiques africaines et à consolider un environnement propice aux projets structurants.
L’industrialisation apparaît comme un pivot central. Elle conditionne non seulement la création d’emplois pour une démographie jeune et dynamique, mais aussi l’élargissement des chaînes de valeur régionales et l’ancrage d’investissements directs étrangers dans des secteurs à forte intensité technologique.
Les deux dirigeants ont par ailleurs convenu d’intensifier leur plaidoyer conjoint auprès des institutions financières internationales afin de promouvoir un accès plus équitable au capital, une meilleure viabilité de la dette et une réforme de l’architecture financière mondiale. Ce volet financier constitue un signal fort adressé aux marchés : sans mécanismes adaptés de financement du développement, les ambitions continentales risquent de se heurter à des contraintes structurelles persistantes.
Dans un environnement global incertain, l’axe ONU-UA entend ainsi repositionner l’Afrique non comme périphérie vulnérable, mais comme acteur stratégique d’un multilatéralisme rénové, capable d’articuler stabilité politique et attractivité économique.


